Assurer les premiers secours, ça s'apprend

sante mentale og
 
Depuis quelques mois, il est possible de se former en Alsace aux premiers secours en santé mentale. Un parcours de deux jours qui permet d'acquérir une démarche et des réflexes spécifiques, comme le font les sécouristes traditionnels en cas d'accident ou de malaise. 
 
Le grand public connait aujourd'hui les bons gestes et les réflexes pour assurer les premiers secours face à quelqu'un faisant une chute ou un malaise. Mais que faire, que dire, quand, à la traditionnelle question "comment ca va ?", l'autre répond "pas super..." ? Ou qu'un collègue se renferme et se met à parler tout seul ? Ou encore quand un proche commence à estimer que le monde tournerait mieux sans lui ?
 
"Hormis orffrir un café, on sait rarement comment agir. Poursuivre la conversation peut même s'avéré compliqué" constate Aude Cadario, éducatrice spécialisée qui travaille pour l'association Santé Mentale Alsace et est formatrice agréée en premiers secours en santé mentale (PSSM).
 
"Cette formation, on aimerait qu'elle devienne le pendant des premiers secours de la Croix-Rouge." Une sorte de B.A-BA pour les professionnels du milieu médico-social et le grand public avant la prise en chagre par un professionnel: "Meme si on sait faire un massage cardiaque, on n'est pas médecin. Là c'est la même chose; le secouriste n'a pas vocation à remplacer un psychiatre, il n'est que le premier maillon" insistent Aude Cadario et Chloé Huby, infirmière au SAVS et formatrice elle aussi. 
 
25% de la population concernée
 
Mais d'abord, comment définir la santé mentale? "De manière large, elle se définit en termes d'équiibre, de bien-être, de bonheur. C'est d'ailleurs à distingues de la maladie psychique, diagnostiquée par un médecin spécialisée", insistent les deux formatrices. En clair, on peut avoir un souci, un trouble en santé mentale sans avoir de pathologie. La difficulté, c'est que notre état de santé mentale ne se voit pas forcément. Seulement, d'après l'Organisation mondiale de la santé, "25% de la population mondiale a été, est ou sera concernée par un trouble de ce type dans sa vie". e former aux premiers secours peut donc s'avérer utile. Et il est urgent de changer de regard sur cette problématique. 
La formation se déroule sur deux jours (14 heures), en groupe de 8 à 16 participants, pendant lesquels le stagiaire va acquérir des connaissances de base concernant les troubles; appréhender les différents types de crises; développer des compétences relationnelles; faire face aux comportements agressifs ou encore tester et s'approprier un plan d'action pour apporter un soutien immédiat en référence à des problèmes de santé mentale. A l'issue de la formation, un manuel PSSM est remis à chaque participant. Le cout est de 250 euros. 
 
Une vigilance et un appui pour agir
 
"Ces deux jours permettent à chacun d'utiliser les outlis, de connaître les ressources qui existent, d'acquérir une méthodologie mais aussi de développer une vigilance par rapport aux mots et aux attitudes. Il y a des fluctuations dans la santé mentale. Mais parfois, on a la sensation que ca sort des echelles habituelles", explique Aude Cadario, qui rappelle qu'on n'agit pas de la même manière avec quelqu'un qui verbalise qu'avec quelqu'un dont on sent qu'il ne va pas bien, avec une personne qui est en crise ou avec celle qui ne l'est pas.
On ne compose pas non plus les mêmes numéros d'urgence. Mieux " la personne formée se sentira plus à l'aise pour agir et pour aiguiller vers des professionnels", souligne Chloé Huby. Cette démarche, née il y a près de 20 ans en Australie, est arrivée en France il y a deux-trois ans seulement. AUjourd'hui, la formation est très standardisée et les formateurs doivent être agréés par l'association Premiers secours en santé mentale France, créée en 2018. Dans la région, les formateurs dépendant de l'association Santé Mentale Alsace. La première session a été mise en oeuvre en étroite relation avec le centre hospitalier spécialisé de Rouffach; d'autres suivront, cinq étant prévues d'ici la fin de l'année. 
 
 
Handicap psychique : le CREHPSY répond à toutes les questions
 
Le CREHPSY, c'est le Centre de Ressources Handicap Psychique (CREHPSY) Alsace. Son rôle ? Répondre à toute personne - professionnel, responsable RH, personne concernée, proche - qui a une question en lien avec le handicap psychique. "C'est un centre de ressources en termes de réseau, d'information, d'orientation..." indique Aude Cadario, chargée de mission à l'antenne 68 du CREHPSY. "Nous ne sommes pas là pour poser des diagnotics mais pour rendre l'existant  plus lisible, plus compéhensible, voire plus accessible", precise t-elle. Une aide pour y voir plus clair face au handicap et pour être aiguillé correctement. La structure a vu le jour au debut de l'année 2018, avec deux antennes, une par département. Depuis, elle a évolué, s'étendant à tout le Grand Est, avec l'ouverture prochaine de deux nouveaux lieux d'accueil, l'un en Lorraine, l'autre en Champagne-Ardennes. L'antenne haut-rhinoise a également évolué, accueillant une nouvelle chef de service Marie Tugler et une deuxième chargée de mission à mi-temps Maryline Ramtane. 
 Elise GUILLOTEAU - Journaliste l'Alsace